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Carnet des artisans

Guide

Arnaque ou litige avec un artisan : que faire, quels recours


Un serrurier qui facture trois fois le prix annoncé, un plombier qui remplace ce qu’on ne lui demandait pas, un artisan qui encaisse l’acompte et ne revient plus, un chantier livré avec des défauts : deux situations différentes, mais les mêmes recours, dans le même ordre. Ce guide les donne texte par texte, avec ce que chaque article permet vraiment, ce qu’il ne permet pas, et deux lettres types à télécharger.

Sur une table de bois, une enveloppe vierge à liseré rouge et blanc, un cylindre de serrure en laiton démonté avec ses goupilles et ses ressorts, et un stylo plume, devant des volets vert d’encre

1. Reconnaître une arnaque au dépannage

Une arnaque au dépannage se reconnaît à son déroulé plus qu’à son prix : un prix d’appel sur un prospectus d’allure officielle ou une annonce sponsorisée, une porte claquée ouverte en détruisant le cylindre, une serrure « de sécurité » vendue dans la foulée, un devis qu’on fait signer après les travaux, en même temps que la facture.

La serrurerie est le premier métier du dépannage à domicile en nombre de plaintes : 923 en 2019, devant la plomberie, selon la répression des fraudes (DGCCRF). Lors de ses contrôles de 2023, 64 % des professionnels du dépannage contrôlés ne respectaient pas la réglementation, la première anomalie portant sur l’information sur les prix. Les schémas décrits par la DGCCRF, l’Institut national de la consommation (INC) et Que Choisir reviennent d’une enquête à l’autre :

Le faux plombier qui entre « vérifier une fuite » pour voler n’est pas un litige de consommation : c’est une affaire pénale, pour vol ou pour escroquerie par usage d’une fausse qualité (code pénal, art. 313-1), qui se règle par une plainte immédiate. Et le prix, seul, ne prouve rien : pour savoir à partir de combien une ouverture de porte sort de l’ordinaire, voir les prix affichés par 46 serruriers ; pour écarter ces entreprises avant d’appeler, vérifier un artisan en cinq minutes.

2. Sur place : ce qu’on peut refuser, ce qu’on doit payer

L’intervention urgente que vous avez expressément demandée se paie sur place, mais seulement dans la limite des travaux strictement nécessaires. Tout ce qu’on vous vend en plus ne peut pas être encaissé avant sept jours et peut être annulé pendant quatorze.

À domicile, le contrat est conclu « hors établissement » : quatorze jours pour se rétracter, et aucun paiement avant sept jours (code de la consommation, art. L221-10). L’exception vise le dépannage : les travaux urgents « expressément sollicités » par vous, « dans la limite des pièces de rechange et travaux strictement nécessaires pour répondre à l’urgence », échappent à la rétractation et se paient tout de suite (art. L221-28, 8°, et L221-10, 4°). L’urgence, pour la DGCCRF, est une situation qui nécessite de faire cesser un danger pour la sécurité des personnes ou l’intégrité des locaux ; le professionnel doit vous dire que vous n’avez pas de droit de rétractation.

Situation Rétractation de 14 jours Paiement le jour même
Ouverture de porte ou réparation de fuite demandée en urgence non autorisé
Cylindre remplacé parce que l’ouverture l’a rendu inutilisable non, s’il était strictement nécessaire autorisé, dans la même limite
Serrure multipoints, cylindre haute sécurité, chauffe-eau neuf proposés « tant qu’on y est » oui interdit pendant 7 jours
Travaux non urgents décidés chez vous oui interdit pendant 7 jours

Ce que vous pouvez exiger. Les prix avant l’intervention, puis un devis détaillé avant l’exécution, quel que soit le montant (arrêté du 24 janvier 2017) ; une facture, dès 25 € TTC, remise avant le paiement (arrêté du 3 octobre 1983) : c’est à ce moment qu’on la compare au devis.

Ce que vous pouvez refuser. Les travaux que vous n’avez pas commandés : en exiger le paiement est interdit (art. L121-12) ; le professionnel doit obtenir votre accord pour tout travail supplémentaire, « même en cas de nécessité ou d’urgence » (INC). Refusez aussi de signer un devis après coup, de répartir le montant sur plusieurs chèques, que « le professionnel pourrait tous encaisser en même temps » (INC), et ne remettez jamais de chèque antidaté. Au-delà de 1 000 €, un particulier domicilié en France ne peut pas payer en espèces (code monétaire et financier, art. D112-3) ; en dessous, c’est permis, mais sans trace.

3. Contester une facture après coup

Ce qui se conteste, c’est l’écart : un prix facturé au-delà du prix annoncé, des travaux que vous n’avez pas commandés, un achat encaissé trop tôt. Un prix élevé, annoncé et accepté, ne se conteste pas à lui seul.

Le devis accepté engage le professionnel : vous n’avez « rien à lui verser en plus de ce qui était initialement convenu » (INC, sur le fondement de l’article 1103 du code civil). Si la facture dépasse le devis et que « cette différence de facturation ne se justifie pas, refusez d’en payer la différence », conseille l’INC. Si le prix facturé n’est pas celui du prospectus, vous pouvez demander l’application du tarif publié : la publicité trompeuse est une pratique commerciale interdite (code de la consommation, art. L121-2). En revanche, « vous ne pouvez pas contester le montant d’une facture au seul motif que le prix vous parait trop élevé » (INC) : s’il a été annoncé et accepté, il est dû.

La marche à suivre. Écrivez à l’entreprise, en recommandé avec avis de réception, en demandant une facture rectifiée ou le remboursement de la différence dans un délai précis (lettre type n° 1). Sans réponse, saisissez le médiateur de la consommation dont elle relève, gratuitement, et signalez les faits sur SignalConso. S’il y a eu tromperie, escroquerie ou abus de faiblesse, portez plainte (§ 5). Aucun texte ne fixe de « délai pour contester une facture » : c’est la prescription qui borne, cinq ans pour agir contre l’artisan (code civil, art. 2224) ; lui a deux ans pour vous réclamer une facture impayée (code de la consommation, art. L218-2).

Déjà payé : ce qu’on peut bloquer, ce qu’on ne peut pas.

Chèque. L’opposition n’est admise qu’en cas de perte, de vol ou d’utilisation frauduleuse du chèque, ou de procédure collective du bénéficiaire (code monétaire et financier, art. L131-35). Faire opposition pour un désaccord sur le prix expose à une mainlevée ordonnée par le juge, et, si l’opposition est faite pour nuire, à un délit puni de cinq ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende (art. L163-2).

Carte. La banque rembourse une opération de paiement non autorisée, signalée sans tarder et au plus tard dans les treize mois (art. L133-18 et L133-24) : un double débit, un montant modifié à votre insu. Un paiement que vous avez vous-même validé, même pour une facture excessive, est une opération autorisée : c’est auprès de l’entreprise qu’il se conteste.

4. Litige de chantier : retard, abandon, malfaçons

Faute de date convenue, un artisan doit exécuter au plus tard trente jours après la signature. S’il ne le fait pas, mettez-le en demeure ; sans résultat dans le délai fixé, une simple lettre résout le contrat et l’acompte doit être remboursé sous quatorze jours. Une fois les travaux reçus, trois garanties prennent le relais : un, deux et dix ans.

L’artisan ne vient pas, s’arrête ou abandonne

Le professionnel exécute à la date ou dans le délai indiqués, et à défaut « sans retard injustifié et au plus tard trente jours après la conclusion du contrat » (code de la consommation, art. L216-1). S’il ne le fait pas, vous pouvez suspendre le paiement de tout ou partie du prix en le lui notifiant, puis, après une mise en demeure de s’exécuter « dans un délai supplémentaire raisonnable » restée sans effet, résoudre le contrat : il l’est à la réception de votre lettre (art. L216-6). La résolution est immédiate s’il refuse d’exécuter, s’il est manifeste qu’il ne s’exécutera pas, ou si la date était une condition essentielle du contrat. Il doit alors rembourser la totalité des sommes versées dans les quatorze jours (art. L216-7) ; au-delà, la somme est majorée de plein droit de 10 %, puis 20 % après quatorze jours de retard et 50 % après trente (art. L241-4).

L’abandon en cours de chantier suit le droit commun des contrats. La DGCCRF le définit comme « une interruption injustifiée et une durée anormalement longue des travaux » ; les intempéries ou une période de congés n’en sont pas. Après mise en demeure, vous pouvez faire terminer les travaux par une autre entreprise et en réclamer le coût à l’artisan défaillant, « dans un délai et à un coût raisonnables » (code civil, art. 1222). Contrairement à ce que répètent beaucoup de pages, l’accord du juge n’est exigé que pour détruire ce qui a été fait, pas pour faire finir ; mais le coût sera discuté si l’artisan conteste, et faire constater l’état du chantier avant, par un commissaire de justice, évite toute querelle sur ce qui restait à faire. Vous pouvez aussi résoudre le contrat par notification, « à ses risques et périls » : l’artisan peut saisir le juge, et il vous appartient alors de prouver la gravité du manquement (art. 1224 et 1226). Devant le juge, l’injonction de faire est la procédure conçue pour l’artisan qui ne vient pas (§ 5).

Les malfaçons : tout commence à la réception

La réception est l’acte par lequel vous acceptez l’ouvrage, avec ou sans réserves (code civil, art. 1792-6). C’est le moment décisif : un défaut visible que vous ne signalez pas « est considéré comme accepté » (service-public.gouv.fr, F2958). Notez chaque défaut en réserve sur le procès-verbal ; les défauts cachés, eux, restent couverts selon leur nature. Vous pouvez occuper le logement même si vous avez émis des réserves (DGCCRF).

  1. Avant la réception Aucune garantie spécifique recours du contrat : mise en demeure, résolution, exécution par un tiers
  2. 1 an Parfait achèvement tout désordre signalé en réserve ou par écrit, quelle que soit sa gravité
  3. 2 ans minimum Bon fonctionnement équipements dissociables : ballon d’eau chaude, interphone, chaudière
  4. 10 ans Décennale dommages qui compromettent la solidité ou rendent l’ouvrage impropre à sa destination

Code civil, art. 1792-6 (parfait achèvement), 1792-3 (bon fonctionnement), 1792 et 1792-4-1 (décennale) ; « C’est la réception des travaux qui constitue le point de départ de toutes les garanties » (DGCCRF, fiche « Abandon de chantier »). La garantie de parfait achèvement ne couvre ni l’usure normale ni l’usage.

Pendant l’année de parfait achèvement, les désordres non réparés après mise en demeure peuvent être exécutés « aux frais et risques de l’entrepreneur défaillant » (art. 1792-6). Attention au calendrier : la mise en demeure n’interrompt pas ce délai, et la DGCCRF conseille d’assigner l’entrepreneur avant la fin de l’année. Un commissaire de justice, l’ancien huissier, fige l’état des lieux dans un procès-verbal ; pour établir les causes et le coût des réparations, une expertise peut être ordonnée par le juge avant tout procès, auprès du tribunal du lieu de l’immeuble (code de procédure civile, art. 145). Hors de ces garanties, la responsabilité contractuelle de droit commun reste possible. Un simple dépannage, une serrure ou une fuite, ne relève pas de la décennale : les travaux d’entretien sont en général dispensés de l’assurance obligatoire (DGCCRF).

L’artisan n’a pas d’assurance décennale

Tout constructeur dont la responsabilité décennale peut être engagée doit être assuré, et le justifier à l’ouverture du chantier (code des assurances, art. L241-1) ; l’attestation se joint aux devis et factures (art. L243-2). Sans elle, trois leviers. L’artisan reste responsable pendant dix ans après la réception, assuré ou non : l’assurance ne garantit que sa solvabilité. Si c’est une société, son gérant engage sa responsabilité personnelle : ne pas souscrire l’assurance obligatoire est une faute « séparable de ses fonctions sociales » (Cour de cassation, 3e chambre civile, 10 mars 2016, n° 14-15.326). Enfin, travailler sans cette assurance est un délit, puni de six mois d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende (art. L243-3).

Retenir une partie du prix

La retenue de garantie de 5 % jusqu’à la levée des réserves n’existe que si le contrat la prévoit, et la somme doit alors être consignée, chez un notaire ou à la Caisse des dépôts (loi n° 71-584 du 16 juillet 1971, art. 1er ; DGCCRF). Sans clause, vous ne pouvez suspendre le paiement que si le manquement de l’artisan est « suffisamment grave », pour une part proportionnée à ce qui n’est pas fait, et à vos risques (code civil, art. 1219).

5. Les recours, dans l’ordre

Mise en demeure, puis conciliateur ou médiateur, puis le juge. La tentative amiable est obligatoire avant de réclamer en justice 5 000 € ou moins ; le tribunal de proximité s’en passe d’avocat jusqu’à 10 000 € ; et chaque saisine coûte un timbre de 50 € depuis mars 2026, sauf aide juridictionnelle.

1. La mise en demeure

Elle est le préalable à presque tout : sans elle, pas de dommages et intérêts, sauf inexécution définitive, pas d’exécution forcée, pas de remplacement de l’artisan, pas de résolution (code civil, art. 1221, 1222, 1226 et 1231). Aucune forme n’est imposée, une « interpellation suffisante » suffit (art. 1344), mais c’est la lettre recommandée avec avis de réception qui prouve la date. Aucun texte ne chiffre le délai à laisser : il doit être « raisonnable » ; les modèles de l’INC retiennent huit jours. Pour pouvoir résoudre ensuite le contrat, la lettre doit dire expressément qu’à défaut vous serez en droit de le faire (art. 1226). Pour une somme d’argent, elle fait courir les intérêts au taux légal (art. 1344-1).

2. L’amiable : conciliateur ou médiateur

Le conciliateur de justice est un auxiliaire de justice bénévole, gratuit, compétent pour tout litige civil sans limite de montant ; ses permanences se trouvent sur conciliateurs.fr (service-public.gouv.fr, F1736). Le médiateur de la consommation est gratuit pour vous (code de la consommation, art. L612-1) ; tout professionnel doit en communiquer les coordonnées (art. L616-1), sur son devis, ses conditions générales ou son site, et la liste des médiateurs référencés est publiée par la Commission d’évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation (CECMC). Il faut d’abord une réclamation écrite à l’entreprise, et saisir le médiateur dans l’année qui suit (art. L612-2) ; la médiation doit aboutir en quatre-vingt-dix jours, prolongeables pour un litige complexe (art. R612-5).

Depuis le 1er octobre 2023, une demande en justice qui tend au paiement d’une somme de 5 000 € ou moins, remboursement d’acompte ou dommages et intérêts, doit être précédée d’une tentative de conciliation, de médiation ou de procédure participative, sous peine d’irrecevabilité. Dispenses : urgence manifeste, ou conciliateur indisponible, la première réunion ne pouvant avoir lieu avant trois mois (code de procédure civile, art. 750-1). L’injonction de faire n’y est pas soumise : la conciliation y est seulement recommandée (service-public.gouv.fr, F1787).

3. Le juge

Ce que vous demandez Tribunal et saisine Avocat
Une somme de 5 000 € ou moins tribunal de proximité, par requête (formulaire cerfa), après tentative amiable facultatif
L’exécution de travaux promis, 10 000 € au plus injonction de faire, formulaire cerfa n° 11723 ; le juge statue sur pièces, sans audience au départ facultatif
Une somme de 5 000 à 10 000 € tribunal de proximité, par assignation délivrée par un commissaire de justice facultatif
Plus de 10 000 €, ou une demande non chiffrable tribunal judiciaire, par assignation obligatoire

Selon le lieu, le tribunal judiciaire traite lui-même les litiges de 10 000 € ou moins, avec la même procédure. Timbre fiscal de 50 € à chaque saisine, sauf aide juridictionnelle (code général des impôts, art. 1635 bis Q). Sources : service-public.gouv.fr, F35125, F20851 et F1787 ; code de procédure civile, art. 750-1 et 761.

Quel lieu. Le tribunal du domicile de l’artisan, celui du lieu des travaux (code de procédure civile, art. 46), ou celui de votre domicile au moment du contrat (code de la consommation, art. R631-3). En urgence, le juge des référés peut accorder une provision ou ordonner l’exécution des travaux quand l’obligation n’est pas sérieusement contestable (code de procédure civile, art. 835) ; renseignez-vous auprès du greffe ou d’un point-justice sur la représentation. S’y ajoutent, le cas échéant, les honoraires d’avocat, de commissaire de justice et d’expert ; la partie qui perd est en principe condamnée aux dépens (F20851).

4. La plainte pénale

Un prix élevé ne fait pas une infraction : l’abus de faiblesse suppose « un faisceau d’éléments », âge, état de santé, isolement (INC). Mais plusieurs délits visent directement les pratiques décrites plus haut :

Infraction Ce qu’elle vise Peine prévue
Abus de faiblesse en situation d’urgence
c. conso., L121-9 5° et L132-14
contrat conclu dans une urgence qui empêchait de consulter un autre professionnel 3 ans, 375 000 €
Escroquerie
c. pén., 313-1
fausse qualité, manœuvres frauduleuses pour obtenir des fonds 5 ans, 375 000 €
Abus de faiblesse
c. pén., 223-15-2
personne particulièrement vulnérable, par son âge ou une maladie 3 ans, 375 000 €
Tromperie
c. conso., L441-1 et L454-1
sur la nature ou les qualités substantielles de la prestation 3 ans, 300 000 €
Pratique commerciale trompeuse ou agressive
c. conso., L121-2, L121-6, L132-2, L132-11
prix ou qualité mensongers ; pression, contrainte, exploitation d’un malheur 2 ans, 300 000 € ; 5 ans, 750 000 € pour une pratique trompeuse en ligne
Travail sans assurance décennale
c. assur., L243-3
chantier ouvert sans l’assurance obligatoire 6 mois, 75 000 €

L’artisan étant identifié, la plainte ne peut pas se faire en ligne : déposez-la au commissariat ou à la gendarmerie, ou écrivez au procureur de la République. Elle est gratuite, et possible pendant six ans pour un délit (service-public.gouv.fr, F1435). Sans suite au bout de trois mois, vous pouvez vous constituer partie civile devant le juge d’instruction (code de procédure pénale, art. 85). Le numéro d’aide aux victimes est le 116 006.

6. Deux lettres types

Deux modèles, à adapter : l’un pour contester une facture de dépannage, l’autre pour mettre un artisan en demeure d’exécuter ou de reprendre des travaux. Remplacez chaque passage entre crochets, supprimez les options inutiles, envoyez en recommandé avec avis de réception et gardez une copie.

La première conteste l’écart avec le prix annoncé ou des travaux non commandés, pas un prix « abusif » ; la seconde annonce la résolution du contrat, mention sans laquelle vous ne pourriez pas le résoudre ensuite (code civil, art. 1226).

Lettre 1 : Contester une facture de dépannage

[Prénom Nom] [Adresse] [Raison sociale de l’entreprise], SIREN [numéro] [Adresse de l’entreprise] Lettre recommandée avec demande d’avis de réception [Ville], le [date]

Objet : contestation de la facture n° [numéro] du [date]

Madame, Monsieur,

Le [date], j’ai fait appel à votre entreprise pour [l’intervention demandée : ouverture d’une porte claquée, réparation d’une fuite…] à mon domicile, [adresse]. Avant l’intervention, [vous m’avez annoncé un prix de [montant] € TTC] [le devis que j’ai signé prévoyait [montant] € TTC].

Votre facture s’élève à [montant] € TTC. Elle comprend [des travaux que je n’ai pas demandés : [les décrire, par exemple le remplacement de la serrure]] [des sommes qui ne figuraient ni dans le prix annoncé ni dans le devis : [les décrire]].

Or le devis accepté vous engage (code civil, article 1103) : les prix de vos prestations devaient être annoncés avant l’intervention (arrêté du 24 janvier 2017), et il est interdit d’exiger le paiement de prestations qui n’ont pas fait l’objet d’une commande préalable (code de la consommation, article L121-12). [Les travaux autres que ceux, strictement nécessaires, de l’urgence que j’avais demandée ne pouvaient donner lieu à aucun paiement avant l’expiration d’un délai de sept jours (article L221-10).]

Je vous demande en conséquence, dans un délai de [huit] jours à compter de la réception de ce courrier, [de m’adresser une facture rectifiée de [montant] € TTC, conforme au prix convenu] [de me rembourser la somme de [montant] €, qui correspond à la différence].

À défaut de réponse satisfaisante dans ce délai, je saisirai le médiateur de la consommation dont vous relevez, dont je vous demande de me communiquer les coordonnées (article L616-1), puis, le cas échéant, le tribunal compétent. Je me réserve également de signaler ces faits sur SignalConso, le service de la répression des fraudes.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

[Signature]

Pièces jointes : copie [du prospectus ou de l’annonce], [du devis], [de la facture], [des photos], [du relevé de paiement].

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Lettre 2 : Mise en demeure d’exécuter ou de reprendre des travaux

[Prénom Nom] [Adresse] [Raison sociale de l’entreprise], SIREN [numéro] [Adresse de l’entreprise] Lettre recommandée avec demande d’avis de réception [Ville], le [date]

Objet : mise en demeure [de commencer] [d’achever] [de reprendre] les travaux du devis n° [numéro] du [date]

Madame, Monsieur,

Par devis signé le [date], je vous ai confié les travaux suivants : [nature des travaux], à l’adresse [adresse du chantier], pour un montant de [montant] € TTC. Je vous ai versé un acompte de [montant] € le [date]. [Les travaux devaient commencer le [date] et être terminés le [date].] [Aucune date n’ayant été convenue, ils devaient être exécutés au plus tard trente jours après la conclusion du contrat (code de la consommation, article L216-1).]

Or [les travaux n’ont pas commencé] [les travaux sont interrompus depuis le [date]] [les travaux réalisés présentent les défauts suivants : [liste précise], constatés le [date] [par procès-verbal de commissaire de justice]]. [Signalés dans l’année qui suit la réception, ces désordres relèvent de la garantie de parfait achèvement (code civil, article 1792-6).]

Par la présente, je vous mets en demeure [de commencer] [d’achever] [de reprendre] ces travaux, conformément au devis, dans un délai de [15] jours à compter de la réception de ce courrier. Restent à réaliser ou à reprendre : [liste exhaustive].

À défaut d’exécution dans ce délai, je serai en droit de résoudre le contrat (code civil, articles 1224 et 1226 ; code de la consommation, article L216-6) et de vous demander la restitution des sommes versées [— dans les quatorze jours s’agissant de travaux non fournis à temps (article L216-7)], ou de faire exécuter les travaux par une autre entreprise et de vous en réclamer le coût (code civil, article 1222). Je me réserve en outre de demander réparation de mon préjudice (article 1231-1) et de saisir le conciliateur de justice ou le médiateur de la consommation, puis le tribunal compétent.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

[Signature]

Pièces jointes : copie [du devis signé], [du justificatif de l’acompte], [des photos], [du procès-verbal de constat], [des échanges écrits].

Télécharger la lettre (PDF) A4, une page, texte identique

7. Qui contacter

Pour signaler : SignalConso. Pour une question de droit : RéponseConso, au 0 809 540 550. Pour être accompagné : une association de consommateurs agréée ou votre protection juridique. L’avocat devient obligatoire au-delà de 10 000 €.

Qui Pour quoi Source
SignalConso signaler un manquement à la DGCCRF ; le signalement est transmis à l’entreprise DGCCRF ; INC
RéponseConso, 0 809 540 550 poser une question de droit de la consommation à un agent de la DGCCRF ; numéro non surtaxé service-public.gouv.fr, F2958
Association de consommateurs agréée conseil, accompagnement amiable, action en justice ; les consultations juridiques poussées supposent d’adhérer service-public.gouv.fr, F1126 : quatorze associations nationales
Conciliateur de justice tentative amiable gratuite, tout litige civil F1736
Médiateur de la consommation médiation gratuite, après réclamation écrite, dans l’année c. conso., L612-1 et L612-2
ADIL, point-justice s’informer sur le logement, sur ses droits et la procédure F2958 ; F20851
Protection juridique prise en charge des frais d’avocat et de procédure, selon le contrat d’habitation, de carte bancaire ou un contrat autonome F18074
Avocat obligatoire au-delà de 10 000 € ; aide juridictionnelle sous conditions de ressources c. proc. civ., 761 ; F18074

La protection juridique d’abord. L’aide juridictionnelle n’est accordée que si les frais ne sont couverts ni par une protection juridique ni par une autre assurance : relisez votre contrat d’habitation et la notice de votre carte avant de la demander. En 2026, pour une personne seule, elle est totale jusqu’à 12 957 € de revenu fiscal de référence, de 55 % jusqu’à 15 316 €, de 25 % jusqu’à 19 433 €, sous conditions de patrimoine ; les plafonds augmentent avec le foyer (service-public.gouv.fr, F18074).

Pour ne plus appeler le premier numéro venu, le carnet publie des répertoires d’artisans vérifiés, établissement actif et SIREN affichés, dans un classement dont aucune position ne s’achète : plombier à Bordeaux · serrurier à Bordeaux · plombier à Châteauroux · serrurier à Châteauroux · plombier à Nice · serrurier à Nice.

8. Questions fréquentes

Les questions sont celles que Google affiche le plus souvent sous les recherches « litige avec un artisan » et « arnaque serrurier » ; les réponses sont les nôtres.

Qui appeler pour faire constater un problème de l’artisan ?

Un commissaire de justice, l’ancien huissier : son procès-verbal fige l’état du chantier, l’abandon ou les défauts, et sert de preuve. Pour établir les causes et le coût des réparations, il faut une expertise, amiable ou ordonnée par le juge avant tout procès, auprès du tribunal du lieu du logement.

Référence : DGCCRF, « Abandon de chantier : quels sont vos recours ? » ; code de procédure civile, art. 145

Qui contacter en cas de litige avec un artisan ?

L’artisan d’abord, par écrit. Puis, gratuitement, le médiateur de la consommation dont il doit vous donner les coordonnées, ou un conciliateur de justice. Pour un conseil : RéponseConso au 0 809 540 550, une association de consommateurs agréée ou votre protection juridique. Pour signaler : SignalConso.

Référence : code de la consommation, art. L612-1 et L616-1 ; service-public.gouv.fr, F1736 et F2958

Quels sont les recours possibles contre un artisan pour des travaux mal faits ?

Avant la réception : la mise en demeure de reprendre, puis la résolution du contrat ou l’exécution par une autre entreprise, à ses frais. Après : les garanties, un an pour tout défaut signalé, deux ans pour les équipements dissociables, dix ans pour la solidité. À défaut d’accord, conciliation ou médiation, puis le tribunal.

Référence : code civil, art. 1222, 1226, 1792, 1792-3 et 1792-6

Que faire si l’artisan ne vient pas faire les travaux ?

Mettez-le en demeure de commencer dans un délai précis. Sans date au devis, il devait intervenir sous trente jours. Passé le délai, une lettre suffit à résoudre le contrat : il doit rembourser l’acompte sous quatorze jours, majoré de 10 à 50 % s’il tarde. Jusqu’à 10 000 €, l’injonction de faire peut aussi l’obliger à exécuter.

Référence : code de la consommation, art. L216-1, L216-6, L216-7 et L241-4 ; service-public.gouv.fr, F1787

Pour aller plus loin : la lettre de mise en demeure

Quel tribunal est compétent en cas de litige ?

Jusqu’à 10 000 €, le tribunal de proximité ou, selon le lieu, le tribunal judiciaire, sans avocat obligatoire ; au-delà, le tribunal judiciaire, avec avocat. Vous pouvez saisir celui du domicile de l’artisan, du lieu des travaux ou de votre domicile au moment du contrat. Timbre de 50 €, sauf aide juridictionnelle.

Référence : code de procédure civile, art. 46 et 761 ; code de la consommation, art. R631-3 ; service-public.gouv.fr, F35125

Quel recours en cas d’absence de garantie décennale ?

L’artisan reste responsable pendant dix ans après la réception, assuré ou non : vous agissez contre lui et, si c’est une société, contre son gérant, que la Cour de cassation tient pour personnellement responsable. Travailler sans cette assurance est un délit, puni de six mois d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende.

Référence : code civil, art. 1792 et 1792-4-1 ; code des assurances, art. L243-3 ; Cass. 3e civ., 10 mars 2016, n° 14-15.326

Qu’est-ce qui est considéré comme une malfaçon ?

Un travail qui ne correspond pas à ce qui était convenu ou qui présente un défaut. Le code civil le traite selon sa gravité et sa date : tout désordre signalé à la réception ou dans l’année, la panne d’un équipement dissociable pendant deux ans, et pendant dix ans le dommage qui compromet la solidité ou rend l’ouvrage impropre à sa destination.

Référence : code civil, art. 1792, 1792-3 et 1792-6

Comment contester une facture de serrurier ?

Comparez-la au prix annoncé et au devis. Si elle les dépasse sans justification ou facture des travaux non demandés, refusez d’en payer la différence et demandez par lettre recommandée une facture rectifiée. Sans réponse, saisissez le médiateur et signalez les faits sur SignalConso. Un prix élevé, annoncé et accepté, ne se conteste pas à lui seul.

Référence : INC ; code civil, art. 1103 ; code de la consommation, art. L121-12 et L612-1

Pour aller plus loin : la lettre de contestation d’une facture de dépannage

Comment se faire rembourser l’intervention d’un serrurier ?

Auprès du serrurier, ce qui se récupère, c’est ce qui n’était pas dû : l’écart entre le devis et la facture, des travaux non demandés, un achat encaissé avant sept jours hors urgence. Réclamez-le par lettre recommandée, puis devant le médiateur ou le juge. Un chèque remis ne peut pas être bloqué pour un désaccord sur le prix.

Référence : INC ; code de la consommation, art. L221-10 ; code monétaire et financier, art. L131-35

Pour aller plus loin : assurance, carte bancaire, propriétaire : qui rembourse

Comment dénoncer un artisan malhonnête ?

Signalez les faits sur SignalConso, le service de la répression des fraudes : le signalement est transmis à l’entreprise. En cas d’escroquerie, d’abus de faiblesse ou de tromperie, portez plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par lettre au procureur : l’auteur étant connu, la plainte en ligne n’est pas possible.

Référence : service-public.gouv.fr, F1435 ; code de procédure pénale, art. 85

La marche à suivre en six points

  1. Sur place : prix annoncés, devis avant, facture avant de payer ; en urgence, ne payez que le strict nécessaire, et jamais en plusieurs chèques.
  2. Gardez les preuves : prospectus, devis, facture, photos, échanges écrits ; pour un chantier, un constat de commissaire de justice.
  3. Écrivez en recommandé : ce que vous demandez, dans quel délai, et qu’à défaut vous résoudrez le contrat.
  4. Tentez l’amiable : médiateur de la consommation dans l’année, ou conciliateur de justice ; obligatoire avant de réclamer 5 000 € ou moins.
  5. Saisissez le juge : tribunal de proximité sans avocat jusqu’à 10 000 €, injonction de faire pour des travaux non faits ; timbre de 50 €.
  6. Signalez sur SignalConso et, en cas d’escroquerie, d’abus de faiblesse ou de tromperie, portez plainte sur place ou auprès du procureur.

Le carnet applique ses propres contrôles à la source : établissements vérifiés en activité, SIREN affiché sur chaque fiche, ordre public — plombiers à Bordeaux · serruriers à Bordeaux · plombiers à Châteauroux · serruriers à Châteauroux · plombiers à Nice · serruriers à Nice.

Sources